Mon mari est non-voyant suite à un accident de travail
depuis 3 ans.
Avant, il évoluait en 3èmedegré avec Sun, sa tervueren.
Quand il a eu son accident, le monde s’est écroulé pour lui. Il a lentement commencé à apprendre à vivre avec ce handicap, à l’accepter. Chaque jour il le prive de beaucoup
de choses.
Ce qui lui manquait énormément aussi, c’était l’agility, sa passion. Ceux de mon club et en particulier Jean-François, son Coach, se sont mis en
quatre pour trouver comment il allait pouvoir continuer l’agility. Et ça a marché !
Le problème, c’est que les concours lui étaient interdits puisque rien n’existait pour les personnes handicapées.
Il a obtenu la 1èrelicence handi en France en 2007, à force de démonstrations sur les concours, sur les Far.
Cette licence lui permettait enfin de reconcourir ! De retrouver les gens qu'il côtoyait en concours et de se mesurer à nouveau à eux !
Il faisait les même parcours qu’eux, dans le même TPS. Puisque Progagil (système informatique gérant les
classements d'agility) n’avait rien prévu dans son cas, il était classé avec eux. Il a même fais des podiums à plusieurs reprises, parfois même sur la plus haute marche.
Ca ne marche pas à tous les coups bien sur, mais c’est le jeu pour tout le monde.
Quand il a eu cette licence, il savait qu'il avait une épée de Damoclès au-dessus de la tête : « un jour, ils te mettront dans une catégorie à
part…. »
Mais il a espéré (à tord ?) que peut-être qu’en voyant que ça marchait, que c’était possible, on le laisserait continuer ainsi.
Certaines personnes ont décidé qu’il en serait autrement : les valides avec les valides et les handi avec les handi.
Un groupe de travail handi a été créé, ce qui est une bonne chose,
mais il faut qu’il prenne en compte correctement les attentes de chacun. Ce qui ne devrait pas être trop difficile vu qu'ils ne sont pas si nombreux que ça, dieu merci
!
Malheureusement, certains pensent que si ça ne lui convient pas d'être catégorisé, d'être classé à part, il n'a qu'à arrêter...un peu facile comme réponse, non
?
C’est une chose que je n’admets pas. Heureusement que tout le monde ne réagit pas comme ça, sinon dans quel monde vivrions-nous ? Si ces personnes se trouvaient à sa place, peut-être verraient-elles les choses différemment. Peut-être seraient-elles contentes qu’on les prennent en considération comme elles en ont le droit ?
Tout ce que je demande, c’est qu’on laisse le choix aux handi. Bruno vit l’agility comme une passion, un amusement, bien sur, mais un sport aussi, un sport sérieux avec sa discipline,
son travail, ses hauts et ses bas. Il n'a aucune intention d’être là juste parce qu’on lui « permet » de s’amuser…et d’attendrir les gens. Je suis sur qu’il y a en France d’autres
handi, comme lui, qui souhaitent continuer les concours comme avant et être classés avec les valides. Ils n'ont besoin que d’une dérogation (toujours sous couvert d’un certificat
médical) leur permettant de concourir avec et comme les valides, tout en usant de leurs artifices (cannes, fauteuil roulant, guide...). Je ne vois pas qui ça pourrait
gêner.
Il concourre pour relever un défi. .Avec ces nouveaux classements, ces nouvelles catégories…quel intérêt de continuer pour lui ? Pour certains handi ça conviendra tout à fait et je les comprends. Mais pour d’autres ? Bruno a besoin de se mesurer aux valides pour trouver une valeur à la coupe. Il ne veux pas d’une coupe gagnée seul dans sa catégorie. Où est le challenge ?
Je repose donc ma question : quel intérêt de continuer les concours dans ces conditions ?
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